Nantir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIII e siècle. Dérivé de l'ancien français nant , « gage, caution », lui-même issu de l'ancien scandinave nam , « prise de possession ».
1. . Vieilli. Munir d'un nantissement, donner des gages pour sûreté d'une dette. Cet homme ne prête point si on ne le nantit auparavant. Ce créancier est nanti. Pron. Il n'a rien perdu dans cette affaire, il s'était nanti de gages sûrs , ou, absolt., il s'était nanti. Se des effets d'une succession , s'en saisir comme y ayant droit, s'en emparer par précaution, quitte à les remettre à la masse des biens à partager.
2. Pourvoir quelqu'un d'un bien, d'un revenu. Il avait nanti son fils de quelques terres. Nantir les membres de sa famille. Pron. Fam. Il s'est nanti, bien nanti , il a amassé une fortune. Par ext. Munir, pourvoir de quelque objet utile. Nantir quelqu'un de renseignements, de documents. Pron. Je me suis nanti de devises pour ce voyage . Fig. Nanti de cette assurance, il n'a plus hésité.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Munir d'un nantissement, donner des gages pour assurance d'une dette. "Cet homme ne prête point si on ne le nantit auparavant. Il ne veut rien prêter s'il n'est nanti. Il ne perdra rien dans cette affaire, il s'était nanti de gages sûrs, il s'était nanti." Il vieillit.
En terme termes de Palais, "Se des effets d'une succession," S'en saisir comme y ayant droit, s'en emparer par précaution, sauf à rapporter.
SE NANTIR signifie familièrement Se munir, se pourvoir de quelque chose par précaution. "Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluie, d'un bon déjeuner avant de partir." Il vieillit.
Fig., "Nanti de cette assurance, je n'ai pas hésité à faire ce qu'on me demandait."
Il signifie encore, absolument, Faire des profits dans un emploi, dans une place, et les mettre en réserve. "Un homme nanti, bien nanti," Un homme qui s'est amassé une fortune, créé une situation avantageuse. "Un politicien nanti."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Donner une chose à quelqu'un pour assurance d'une dette. Pour qu'il consente à prêter, il faut le .

 2   Par extension, pourvoir de, procurer. Je ferai tous mes efforts pour vous de ces papiers qui vous importent.

 3   Se , v. réfl. Se saisir de quelque bien pour assurance d'une chose due. Il ne perdra rien dans cette affaire, car il s'est nanti.
    Terme de palais. Se des effets d'une succession, s'en saisir comme y ayant droit.
REGNARD: « Nantissez-vous de tout, sans rien mettre au hasard ; Après à votre gré vous ferez votre part »
SAINT-SIMON: « La Feuillade jugea à propos de se , et demanda la clef de son cabinet [de son oncle] et de ses coffres »

 4   Familièrement, se garnir, se pourvoir. Il s'est nanti d'un bon manteau.
    Faire des profits, mettre en réserve. Pendant qu'il était en place, il s'est nanti.
    On dit dans le même sens : Il a perdu sa place, mais il est bien nanti.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Eles [les lettres] seront nanties en le [la] main du sovrain de tant que eles parolent, et adont li sovrains connistra du paiement de la cuitance ou du respit »
    XVIème siècle
AMYOT: « Nostre intention est de traitter de la vertu morale.... à sçavoir si la partie de l'ame qui la reçoit, est nantie et ornée de raison qui luy soit propre à elle, ou si elle en emprunte l'usage et la participation d'ailleurs »
     Coust. génér. t. I, p. 476: Douaires prefix et coustumiers sont preferez à toutes deptes nanties depuis la celebration du mariage et benediction nuptiale

ÉTYMOLOGIE
    Anc. franç. nam, namp, gage ; bas-lat. namium ; du germanique : scandinave, nam, prise ; goth. niman, prendre, anc. haut allem. Nama (1er a accent long), rapine, proie ; tous mots qui sont en rapport étroit avec le grec qui, au moyen signifie se faire donner en partage, posséder.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Donner des gages pour assurance d'une dette. "Cet homme ne prête point si on ne le nantit auparavant. Il faut qu'on le nantisse. Il ne veut rien prêter s'il n'est nanti."
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. "Il ne perdra rien dans cette mauvaise affaire, il s'était nanti de bons effets, il s'était nanti."
En termes de Palais, "Se des effets d'une succession," S'en saisir comme y ayant droit, s'en emparer par précaution, sauf à rapporter.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie familièrement, Se garnir, se pourvoir de quelque chose par précaution. "Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluie, d'un bon déjeuner avant de partir."
Il signifie encore, absolument, Faire des profits dans un emploi, dans une place, et les mettre en réserve. "Cet homme s'est bien nanti avant de sortir de sa place." On dit dans le même sens, "Il a perdu sa place, mais il est bien nanti."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Donner des gages pour assurance d'une dette. "Cet homme ne préte point si on ne le nantit auparavant. Il faut qu'on le nantisse. Il ne veut rien prêter s'il n'est nanti".
On dit en termes de Pratique, "Se de l'effet d'une succession," pour dire, S'en saisir comme y ayant droit, s'en emparer par précaution, sauf à rapporter.
Et l'on dit dans le style familier, "Se nantir," pour dire, Se garnir, se pourvoir de quelque chose par précaution. "Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluie, d'un bon déjeûner avant que de partir".
On dit aussi absolument, "Cet homme" "s'est bien nanti, avant que de sortir de place;" et dans le même sens, "Il a perdu sa place, mais il est bien nanti".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Donner des gages pour assurance d'une dette. "Cet homme ne prête point si on ne le nantit auparavant. Il faut qu'on le nantisse. Il ne veut rien prêter s'il n'est nanti."
On dit en termes de Pratique, "Se de l'effet d'une succession," pour dire, S'en saisir comme y ayant droit, sauf à rapporter, s'en emparer par précaution.
Et on dit dans le style familier, "Se ," pour dire, Se garnir, se pourvoir de quelque chose par précaution. "Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluie, d'un bon déjeûner avant que de partir."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

NANTISSEMENT, s. m. ["Nanti", "ticeman": 1re lon. 3e"e" muet au 2d.] ils expriment l'action de "doner des gages" pour l' assurance d'une dette. 'Il ne prête point qu'on ne "le nantisse", qu'il ne "soit nanti". = "Se " (st. famil.) se pourvoir. 'Je "me suis nanti d'un" bon manteau contre la pluie";d'un" bon déjeûner avant de partir. = 'Il a un bon "nantissement". 'On lui a doné des bijous "pour son nantissement", ou "en nantissement".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Donner des gages pour asseurance d'une dette. "Cette homme ne preste point si on ne le nantit auparavant. il faut qu'on le nantisse. il veut estre nanti. il prend tousjours soin de se ".
On dit fig. "Se ," pour dire, Se garnir, se pourvoir de quelque chose par precaution. "Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluye, d'un bon desjeuner avant que de partir".




Emplacement dans le dictionnaire :

naivement
naïveté
naiveté
naja
nanan
nanisme
nankin
nansouk
nanti

nantissement
napée
napel
naphtaline
naphte
naples
napoléon
napoléone
napoléonien
napolitain
nappe


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